Discussion autour de M. Z
Le dessein impardonnable de M. Zemmour
Libre propos par Gaspard Koenig, LES ECHOS 03/11/2021.
Je suis abasourdi d’entendre un nombre croissant d'amis ou d'amis d'amis, bons bourgeois de centre droit, souvent humanistes et lettrés, me chanter sur le ton de l'évidence les vertus de M. Zemmour. Par éducation autant que par conviction, ces gens-là n’auraient jamais voté pour la famille Le Pen. Et les voilà qui basculent tranquillement à la droite de l'extrême droite.
Il n'est donc peut-être pas inutile de préciser, y compris dans les pages des « Echos », le grave danger pour notre cohésion nationale que représente M. Zemmour, avec qui j'ai dialogué quelquefois et que je serais ravi de réfuter à nouveau s'il daignait accepter mon invitation à débattre. Le point central de son message, aussi superficiel théologiquement qu'inexact historiquement, consiste à prétendre que l'islam serait en soi « incompatible » avec la France et ses valeurs. Face à un vrai problème d'Etat de droit – la délinquance dans certains quartiers ghettoïsés – M. Zemmour ravive le spectre des guerres de religion, désignant à la vindicte populaire une minorité parmi nos compatriotes. Son élection mettrait littéralement le pays à feu et à sang. Après l'abolition de l'édit de Nantes par Louis XIV et la promulgation du statut des Juifs par Pétain, la France ne peut-elle apprendre de ses erreurs?
Mes amis de centre droit me répliquent alors Invariablement que M. Zemmour est «cultivé ». Parce qu’il est capable de citer au débotté Renan ou Talleyrand, parce qu’il sait déployer la courtoisie d'un mondain aguerri, il gagne son écuelle dans les dîners en ville. Loin de parler au peuple, M. Zemmour est le chouchou d'une élite demi-habile, ravie de jouer à se faire peur en bonne compagnie. C’est le porno chic de la politique.
La grande culture de M. Zemmour mériterait d'abord d'être nuancée. A peu près inexistante dans les champs littéraires, philosophiques ou scientifiques, elle se limite essentiellement à l'histoire de France. Et encore : l'historien Gérard Noiriel a pris la peine de démontrer l'inanité des reconstructions zemmouriennes. Reconnaissons néanmoins que, face aux éléments de langage robotiques des politiques professionnels, la moindre référence intellectuelle puisse faire impression. Admettons même, pour les besoins de la démonstration, que M. Zemmour soit la réincarnation de Pic de La Mirandole. Dans un pays qui survalorise l'érudition, aussi bien scolairement que socialement, il faut d’urgence mettre en pièces un mythe tenace : la culture ne garantit ni l’intelligence ni l'innocuité.
Dans un livre au titre explicite, « La Connaissance inutile», Jean-François Revel a relevé les innombrables erreurs de jugement des intellectuels du XXe siècle, si prompts à se trouver du mauvais côté de l'histoire, depuis Sartre fasciné par l’URSS jusqu'à Foucault défendant l'ayatollah iranien. Revel rappelle que l'intellectuel, loin l’intellectuel, loin d’être un pur esprit désintéressé, « est aux prises avec les mêmes passions que les autres hommes », cédant aux modes et avides de coups d'éclat. Là où en revanche il surpasse ses semblables, c’est dans sa capacité à nier le réel, en lui appliquant une grille de lecture rigide malgré l'évidence empirique. « Ce qui distingue l'intellectuel, conclut Revel, ce n'est pas la sûreté de son choix, c'est l'ampleur des ressources conceptuelles, logiques, verbales qu'il déploie au service de ce choix pour le justifier. » M. Zemmour occupe aujourd'hui le rôle des déconstructionnistes qu’il exècre tant: il présente les faits d'actualité sous le prisme déformant de catégories grossières. '
Si la culture ne saurait donc justifier l'intellectuel qu'est M. Zemmour, elle ne saurait non plus excuser le politique qu'il voudrait devenir. Dans ses Mémoires, le général de Gaulle explique de manière nette et succincte pourquoi il a exceptionnellement refusé, au moment de l'épuration, de commuer la condamnation à mort de Robert Brasillach, brillant essayiste fasciste dont une cinquantaine d'écrivains (dont François Mauriac et Albert Camus) avaient demandé la grâce. «Dans les lettres, comme en tout, écrit de Gaulle, le talent est un titre de responsabilité ».
Zemmour est tout sauf un «guignol», comme le dit si maladroitement Anne Hidalgo. Ceux qui lui concèdent quelque talent devraient être les premiers à s'indigner de ses approximations et de ses raccourcis. Conscient de ses facilités rhétoriques, M. Zemmour n’en est que plus impardonnable. Pleinement responsable de l'extrême violence que ses propos Impliquent, il devrait être jugé avec une sévérité implacable.
Gaspard Koenig est philosophe, fondateur du think tank Generation Libre.
Réponse à M. G. KOENIG.
D’abord, avant de polémiquer plus avant sur le Zemmour, je voudrais parler aussi de Madame Le Pen. Mme Le Pen n’est plus à droite, ou plutôt, n’est plus à l’extrême droite. Tout au moins dans l’apparence qu’elle veut donner, car cette candidate ne cherche qu’à piocher aussi des voix parmi les imbéciles heureux qui ne voient pas son grossier manège. On croirait presque entendre une bonne bourgeoise, mère de famille, mémère, qui répète à l’envie, (mais bien adouci) les propos de Papa, aux bouts des ailes un peu bruni par un nazisme édulcoré. N’a-t-elle pas changé son argumentaire sur ses fondamentaux, ne va-t-elle pas s’incliner sur la tombe du GENERAL ? (si, vous savez, celui tellement honni, injurié, bafoué dans ses discours des décennies précédentes) Ne va-t-elle pas rencontrer sur les marchés des femmes magrébines voilées ? (c’est à la mode) Ne s’affiche-t-elle pas très proches des aspirations sociales des classes laborieuses (pour parler peuple) ? Bref, c’est une nouvelle Marine que voilà !A tellement mettre d’eau dans son vin que même un musulman bon teint ni verrait qu’eau Ben Hit (désolé, ça m’a échappé). La signature de Marine Le Pen serait plutôt d’être la Capitaine du navire des âmes ayant perdues le cap du port d’attache..
Et voila Zemmour. En voila un qui étonnera toujours par ses discours constamment ornés de savantes références historiques, ….. avec pour conséquences des solutions inapplicables, obsolètes, et révoltantes pour beaucoup, bien que ….souhaitables pour beaucoup de choses !Oui, l’élection de E. Zemmour mettrait le pays a sang et à feu, nous mettrait aux bancs de l’Europe (si elle n’explose pas entre-temps) pour des décennies. Et ses pulsions d’obligation de » blanchir « les prénoms, d’expulsions d’une population installée (souvent frauduleusement) sont utopiques, dangereuses dans un pays ou 10% de la population se retrouverait soudain agressé, au risque d’une guerre de religion insensée.Il y a énormément de choses à faire, à expulser les déjà condamnés à l’être, à négocier avec l’Europe pour rendre l’accès au territoire si ce n’est infranchissable, tout au moins beaucoup plus difficile, etc.etc…. pour rester dans les idées premières du peut- être candidat.
Moi, je ne crois pas à la candidature de E. Zemmour. Je crois qu’il se la pète, qu’il a attrapé la grosse tête. On en saura davantage ce soir sur Cnews, il devrait sur SA chaine lever le voile (haha ha) sur ses réelles intentions. Wait and see.Mais, l’important est fait : réveiller, agiter les consciences, faire tomber les murs de la méconnaissance, faire réaliser aux français de tous bords que nous sommes envahies insidieusement par une autre civilisation, et que le temps des bisounours est terminé, qu’il faut urgemment réagir si on veut sauver ce qui reste. Et si son ambition n’a jamais été autre chose ?
Z comme Zemmour ? (= Z comme Zorro ?) Y a-t-il une autre, une viable, une bonne solution pour inverser la tendance ? Ben……….
« Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propicess
Suspendez votre cours
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours ! «
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Enfin, ouai, mais le retour à la base s’impose d’urgence