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Les élucubrations d'Holly
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7 septembre 2021

Retour à la normale

Ce matin, je suis allé à Figeac chercher les quelques médocs qui me manquaient. Les médocs, ces friandises des vieux, indispensables pour essayer de nous éviter les petits et gros bobos de la vie quotidienne.

J’errais en ville, j’étais bien, tranquille. De nombreuses boutiques affichaient sur la vitrine les dates de fermetures « pour cause de congés », les ados, habituellement jacasseurs, absents pour cause de classe, les habituels immigrés aux terrasses des cafés chuchotaient, clope au bec, savourant la douce chaleur. Chic, la normale est de retour !

 Il y a un mois, c’était une autre ville, envahie par des touristes ayant fui l’enfer estival des villes. Une population promenant son ennui, en shorts ultra courts pour les femmes, et bermudas multicolores pour des hommes plutôt rondouillards, mais tous estampillés par des tatouages de toutes tailles et emplacements. Le cornet de glace taille maxi à la main de chez « la Glace de Mikou » était de rigueur.

 Ils sont partis, ils sont plus là, les touristes, ils ont quitté notre horizon, les touristes…. Je sais qu’il est inconvenant de le dire, mais je suis soulagé. Que leur présence, en nombre, durant cette période estivale soit utile à l’économie locale, je le conçois, mais à mon goût, elle est aussi une nuisance esthétique

. Pendant ces deux mois d’été, le paysage de nos villes et villages prend en effet un air d’immense centre commercial. Trop de monde, trop de bruit, trop de tout ! Ce qui m’amène à rabâcher d’acariâtres pensées sur les tendances grégaires de mes contemporains. Mais comme dirait l’autre, c’est comme ça ! Et puis, ne le suis-je pas aussi quelquefois ce bedonnant en short coloré ?

 Comme d’hab, j’ai ouvert ce matin mon fidèle PC pour y lire les nouvelles : déprimantes, comme hier, avant-hier, etc. ! Je ne sais plus que penser de la situation là-bas, en Afghanistan. Ce que je lis ici ou là ne me permet pas d’émettre un avis sur ce qu’il faudrait faire. Je vois surtout passer les commentaires d’indignés et des savants qui ne savent rien et parlent de tout. La morale des progressistes et la vanité des crétins mâtinés ‘jesaistout’ s’y étalent sans pudeur, et cela m’afflige et m’agace. Je sais qu’un pays est en train de sombrer dans une nuit profonde, et qu’une grande partie de son peuple l’attendait, l’espérait. Oui, nous, en Occident, ne voyons les choses qu’à travers nos lunettes polies par une chrétienté millénaire, une culture démocratique installée et maintenant par une consommation débridée, cette soif insatiable. Les « autres » peinent à sortir de leurs cavernes tribales, décérébré par une religion rétrograde. Voilà le résultat. En effet, comment comprendre autrement ce qui vient de se passer, aussi vite et sans oppositions, dans ce pays ? Et ce n’est pas 20 années d’occupations par des soldats si étrangers à leur civilisation qui peuvent « corriger » la chose. Cette impuissance collective devrait me rendre triste, elle m’est honteusement indifférente, et un peu lâche.

Il est 13 heures à présent. La chambre est dans une bienfaisante pénombre. Le vent joue avec les rideaux. Ils tamisent une lumière qui déforme meubles et objets. Des rayons et des taches de soleil dansent sur le parquet. Pas un bruit dehors ! Je me laisse porter par ce voile aux couleurs automnales légèrement fanées par le temps. Ici, pour le moment, tout est calme et serein.  

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