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Les élucubrations d'Holly
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6 septembre 2022

Rue de Bretagne (FEZ), le sport de haut niveau, la récompense !

Cette nuit, mon esprit a vagabondé dans le passé, pas si loin, mais pas loin de 60 ans quand même.

 J’ai 14 ans, nous habitons Rue de Bretagne, quartier de l’Atlas. Je me revoyais comme un champion œuvrant sur le gazon misérable au pied de l’immeuble de la rue de Bretagne à jouer à ce que imaginions  être du base-ball américain. Je me dois de revoir la taille du terrain au vu des images péchées sur Google- Earth, le terrain devait faire moins de 15 m de large, et nos exploits plus près du saut du crapaud  que la course folle fantasmée sous les youyous déchainés des fatmas hurlants aux balcons…

Il y avait, coté arrière de notre immeuble, donnant sur la route qui menait au collège, une petite boutique faisant l’angle. Là, exerçait Mohammed (je l’appelle Mohammed car en réalité, je n’ai jamais connu son nom) comme le magicien du « sfenj » (L’orthographe est non garantie, mais elle sera celle de ce souvenir)

 Quand nous avions en poche quelque piécettes « tombées » de la poche des parents, rendez-vous était pris après le match chez Mohammed. Par tout temps, un banc à l’extérieur de la boutique au carrelage d’une couleur suspecte accueillait  petits et vieux, attendant son tour. Les vieux, le chapelet toujours en mouvement, papotant, garçons et filles mêlés, se courant après en criant et riants aux éclats, au grand dam du « cuisinier «  qui n’arrêtait pas de crier après eux, rouspétant après le gamin, qui n’y était pour rien, et qui était chargé d’entretenir la vigueur de la flamme sous la bassine d’huile. Chaleur du brasero, odeur crasse de l’huile bouillonnante avec comme une évasion de parfum de menthe fraiche, régal !.

Le matin, pour les habitués, Mohammed fait apporter du thé aux habitués. Artisans en djellaba  qui s’apprêtent à descendre vers Moulay Idriis, d’ouvriers en » américains » qui se rendent sur les chantiers, savourent ce petit déjeuner réconfortant, le verre de thé bouillant à la main, ou plonge le sfenj encore croustillant et fumant.

Dans l’énorme bassine d’huile, Mohammed jette des disques de pate préfaçonné avec un pouce habilité, qui, happés et retournés par un crochet de fer accroché à un long manche en bois, se gonflent, s’élargissent, se dorent comme  orange au soleil de midi. Enfin, jetés sur la balance, puis enfilés sur la liane récupérée sur la feuille de palmier, un nœud vite fait et le petit commissionnaire s’envolait vers le logis de son maître. Ah, Ils étaient bons, ils étaient gras, ils étaient sublimes les sfenjs de Mohammed

sfendjs marocain

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