That is the question
Vivre vieux ou vivre mieux ?
La question qui tue, mais pas que les vieux. En fait (comme on dit maintenant), il s’agit d’une question existentielle : veut-on vivre plus longtemps ou veut-on vivre mieux ? Si le choix est posé de cette manière, je suppose que la plupart des gens opteront, comme moi, pour la seconde possibilité, à savoir plus de qualité de vie plutôt que plus de quantité de vie.
Dans notre monde actuel, l’allongement continuel de l’espérance de vie (qui dépasse désormais les 80 printemps pour un homme) est perçu comme une bonne chose. Il existe en France, (parlons de ce que je connais), un spécimen assez répandu :il a plus de 65 ans, prends des pilules et de la nourriture anti-âge tous les jours et fait de l’exercice physique sans fin,…. souvent sans plaisir. Il tente à tout prix de correspondre à l’image que l’on diffuse dans la presse à travers des articles sur les personnes âgées en pleine forme et très actives.
Pour cela, on trouve des livres qui promettent des recettes pour vivre jusqu’à 110 ans. Vivre le plus longtemps possible est devenu une obsession, mais ces images idéalisées de la vieillesse ne correspondent pas à la réalité. En fait, plus on vieillit, moins on a de chances de vivre une vie de qualité. L’espérance de vie a certes augmenté en moyenne de trois mois par an, mais dans ce nombre il y a aussi des mois supplémentaires vécus avec une maladie ou une infirmité.
Une vie de qualité, c’est une vie qui a du sens, une vie que l’on déguste dans tous ses aspects, (sexe, nourriture, projet, alcool, créativité) sans se priver (mais toujours en deçà du raisonnable) de ce qui en fait le sel. Bien sûr, pour cela, il faut disposer d’un minimum de capacités physiques et mentales. La vieillesse se caractérise malheureusement par l’apparition et/ou l’aggravation d’infirmités de toutes sortes, des plus bénignes (surdité, amoindrissement de la qualité visuelle), aux plus handicapantes (perte de la mobilité et des facultés mentales, sur-morbidité, chute de la créativité). Et c’est précisément autour de 75 ans, en moyenne, que la situation se dégrade sur tous ces fronts et en même temps. Mourir est une perte, c’est vrai, mais vivre trop longtemps en est une aussi.
Je n’espère pas mourir à 75 ans, mais j’espère mourir avant d’être trop limité physiquement ou mentalement, après avoir profité à fond et jusqu’au bout du chemin des plaisirs de tout et de tous.
Bon, salut, c’est l’heure de mon Armagnac.