Brève histoire de déconvenues divers
Déboussolés
Mon parcours politique a été longtemps un champ de ruines, à l’image de cette génération qui a connu la fin de l’Empire Français et ses guerres meurtrières menées par les nostalgiques d’une puissance naufragée, des Mai 68 à la recherche d’un avenir radieux sauce JP Sartre mâtiné Beatles, surfant sur les vagues hippies, bref, sans attache politique bien ancrée, mais restée proche des valeurs républicaines
Chez moi, ça donne une jeunesse brouillonne, militant Tixier-Vignacourt, (reliquat de l’empreinte pied noir) puis un Gaullisme balbutiant et mal assumé par un jeune papa non diplômé. Je fus longtemps Indifférent à la chose politique lors de mon exil professionnel en Afrique, alors davantage préoccupé par une ascension social difficile que par les arcanes de politiciens lointains. Puis, alliage de la raison et de l’âge, ce fut le retour au classique trio confort/gommage des aspérités/arrêt des contorsions morales à travers l’adhésion aux Présidents paternalistes et pas vraiment méchants que furent les Pompidou, Giscard, Mitterrand, et Chichi. Ils ne faisaient pas crier les foules, les pavés ne volaient plus, tout n’allait pas si pire que ça ! Aux présidentielles, je votais Contre et non Pour. Le ronron pépère dans un fauteuil.
Sarko est arrivé. Grande gueule, courageux, entier, débute son mandat par un divorce (une première), se remet en celle (non, aucune allusion coquine ici) avec une beauté du showbiz, n’hésite pas à se frotter aux intellos de « gôche », maitrise mal un Karcher agressif, actif et grand gagnant dans la crise économique, il fait passer ses prédécesseurs pour des loosers. Mais aussi, accumule les erreurs, fait rager, hurler, ravive chez certains une envie de renverser la table. Pour tout ça, alors de retour en métropole, je retrouve le gout de la chose politique. Enfin quelqu’un qui fait bouger (modestement, faut pas exagérer) les choses autrement que contraint par les événements, enfin un Président qui assume d’être comme l’ont choisi ses électeurs : un Président de droite.
2012 : Patatras, on échange un pur-sang vif-argent contre un baudet mal harnaché, fornicateur ridicule, couard devant l’obstacle, plus à l’aise devant son Mont-Blanc que devant les électeurs. On ne sera pas déçu.
2017 : 5 ans de perdues. La merde contre l’héritier… : je vote blanc, j’en ai marre de voter contre ! Entre- temps, j’avais parié sur un mauvais cheval chutant dans la boue dès la sortie du paddock. J’y avais pourtant retrouvé avec délice mes habitudes moyenâgeuses de colleurs d’affiches, mais sans les bagarres d’adolescents autours des panneaux d’affichage dans cette époque post OAS. Adieu LR, bonjour le néant républicain.
Bientôt 2022: Et nous voilà 14 mois avant une nouvelle élection, avec son énorme flot potentiel de candidat qui, sauf le Président actuel, sont tous du 2 -ème au 10 -ème rang, sans aucun parti vivant, aucun programme, pas de leader qui ne s’imposent vraiment, qui n’osent pas sortir du bois…. Mais, tenez bien le bordage, cela, c’était dans le monde d’avant. Aujourd'hui, il faut vivre les uns contre les autres faire des listes comme au temps du maccarthysme, ramener chacun à sa race, à son genre, son habitat, au nom d'un anticonformisme dévoyé, multipliant les statistiques sur tous les sujets. Et c’est ainsi que se développe la désintégration de la société, l’explosion de la notion de Nation Française. Que seront ces élections dans un pays déchiré ou, par exemple, une Française black (Assa Traoré), issue d’une famille déclarée de dealers, osent dire sur les antennes nationales qu’en France les Arabes et les Blacks ne sont pas en sécurité (que dirait alors la petite Mila ?), ou qu’un conseiller municipal de Trappe demande, en plein conseil, l’instauration de la charia dans des secteurs particuliers, sans que cela ne fasse un scandale, que des médecins renommés soient contre la vaccination ? Un monde de fou ! Misère, misère disait Coluche !!! .
En vrac : Un vert dogmatique (: litote) capable de rafler la mise ? Un adepte de la décroissance et de l’annulation de la dette ? Un(e) Poulidor de l’extrême pour qui tout le monde va voter, bien sûr ? Un(e) qui confond Paris-Bobo et La France (tiens, souvenirs …) ? Un Islamiste, histoire de se compter pour faire peur ? Le bal des dupes est ouvert.
Cette élection sera-t-elle propice à tous les excès, le creuset de l’enfer à venir, versus l’assaut du Capitol ? Oui, tout est craignos dans notre pays aujourd’hui.
Nous les connaissons tous, ils ne nous veulent pas du bien, ils veulent LA place